Reconnaissance de Dette : Modèle Gratuit et Valeur Juridique

Gaston Cohen 6 min de lecture 22 février 2026
Reconnaissance de Dette : Modèle Gratuit et Valeur Juridique

Vous prêtez de l’argent à un proche et vous cherchez un document pour vous protéger ? C’est une bonne idée.

Voici un modèle de reconnaissance de dette gratuit et toutes les règles pour qu’il soit valable en justice.

Modèle de reconnaissance de dette

Vous pouvez copier et adapter ce modèle. Il contient toutes les informations nécessaires pour être juridiquement solide. Remplissez simplement les champs entre crochets `[ ]`.

[Coordonnées du créancier (celui qui prête)]
[Nom et Prénom]
[Adresse]
[Date et lieu de naissance]

[Coordonnées du débiteur (celui qui emprunte)]
[Nom et Prénom]
[Adresse]
[Date et lieu de naissance]

Objet : Reconnaissance de dette

Je soussigné(e), [Nom et Prénom du débiteur], né(e) le [Date de naissance] à [Lieu de naissance] et demeurant au [Adresse complète], reconnais devoir la somme de [Montant en chiffres] € (soit [Montant en toutes lettres] euros) à [Nom et Prénom du créancier], né(e) le [Date de naissance] à [Lieu de naissance] et demeurant au [Adresse complète].

Cette somme m’a été prêtée ce jour par [chèque / virement bancaire / espèces].

Je m’engage à rembourser cette somme en une seule fois, au plus tard le [Date de remboursement].

(Optionnel, si un intérêt est prévu)
Un taux d’intérêt de [Taux] % par an sera appliqué. Le montant total à rembourser, intérêts compris, s’élèvera donc à [Montant total avec intérêts] €.

Fait à [Lieu], le [Date du jour].

Signature du débiteur
(précédée de la mention manuscrite « Bon pour reconnaissance de la somme de [Montant en toutes lettres] euros »)

[Signature manuscrite]

Qu’est-ce qu’une reconnaissance de dette et quand est-elle obligatoire ?

Une reconnaissance de dette est un écrit simple dans lequel une personne s’engage à rembourser une somme d’argent à une autre. Ce document, signé par le débiteur (celui qui emprunte), prouve que l’argent versé est un prêt, et non un don. Il constitue une garantie pour le créancier (celui qui prête).

L’écrit est fortement recommandé pour n’importe quel montant. Mais il devient obligatoire pour tout prêt dépassant 1 500 €. Sans ce document, il est très difficile de prouver l’existence de la dette devant un juge si le débiteur refuse de vous rembourser.

Les 7 mentions obligatoires pour une reconnaissance de dette valide

Pour que votre document ait une vraie valeur juridique, il doit contenir certaines informations précises. Voici la liste des mentions à ne pas oublier.

  • La date de l’acte : C’est la date à laquelle le document est signé.
  • L’identité complète des deux parties : Le nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance du débiteur et du créancier doivent être indiqués sans erreur.
  • La somme prêtée en chiffres ET en toutes lettres : C’est une sécurité importante. En cas de différence, c’est la somme écrite en toutes lettres qui compte. Ça évite les fraudes.
  • La date de remboursement : Vous devez fixer une date précise à laquelle la somme doit être remboursée. S’il n’y a pas de date, le créancier peut exiger le remboursement à tout moment.
  • Le taux d’intérêt (si applicable) : Si vous prévoyez des intérêts, leur taux doit être clairement indiqué. Attention, ce taux ne doit pas dépasser le taux de l’usure fixé par la loi.
  • Les modalités du prêt : Précisez comment la somme a été versée (chèque, virement, espèces).
  • La signature du débiteur : C’est l’élément le plus important. Seul le débiteur doit signer ce document.

Acte sous seing privé ou acte notarié : quelle différence ?

Vous avez deux options pour formaliser votre reconnaissance de dette. Le choix dépend du niveau de sécurité que vous recherchez.

L’acte sous seing privé : simple et gratuit

C’est la forme la plus courante pour un prêt entre particuliers. Le document est rédigé et signé directement entre le débiteur et le créancier, sans l’intervention d’un professionnel. C’est simple, rapide et ça ne coûte rien. Le modèle présenté plus haut est un acte sous seing privé.

L’acte authentique (chez le notaire) : plus sécurisé

Cet acte est rédigé par un notaire. Il est payant mais offre une sécurité bien plus grande. Son principal avantage est qu’il a « force exécutoire ». Concrètement, si le débiteur ne rembourse pas, le créancier peut faire appel à un commissaire de justice pour une saisie sans avoir besoin d’un jugement. C’est un gain de temps énorme.

Déclaration aux impôts et délai de prescription

Deux points administratifs sont à connaître : la déclaration fiscale et la durée de validité de votre créance.

Faut-il déclarer ce prêt aux impôts ?

Oui, tout prêt entre particuliers doit être déclaré à l’administration fiscale via le formulaire Cerfa n°2062. Cette déclaration est obligatoire dès que le montant prêté dépasse un certain seuil. Les sources varient sur ce seuil (parfois 760 €, parfois 5 000 €). Dans le doute, il est plus prudent de déclarer toute somme importante.

Quel est le délai pour réclamer la dette ?

Le délai de prescription est la durée pendant laquelle le créancier peut agir en justice pour récupérer son argent. Le délai de base est de 5 ans. Ce délai commence à courir à partir de la date de remboursement prévue dans l’acte. Si la dette n’est pas réclamée dans ce temps, elle est perdue.

Que faire si la dette n’est pas remboursée ?

Si la date de remboursement est passée et que vous n’avez rien reçu, vous devez agir. La procédure dépend du type d’acte que vous avez signé.

La première étape est toujours la même : envoyez une mise en demeure de payer au débiteur. Il s’agit d’une lettre recommandée avec accusé de réception lui demandant formellement de rembourser la somme due sous un certain délai.

Si vous avez un acte sous seing privé

Si la mise en demeure reste sans réponse, vous devez saisir la justice. La procédure varie selon le montant :

  • Dette inférieure à 5 000 € : Vous pouvez lancer une procédure simplifiée de recouvrement via un commissaire de justice (anciennement huissier).
  • Dette supérieure à 5 000 € : Vous devez demander au juge une injonction de payer. C’est une procédure rapide qui ne nécessite pas d’audience au départ.

Si vous avez un acte authentique

C’est beaucoup plus simple. Comme l’acte a force exécutoire, vous n’avez pas besoin d’aller devant un juge. Vous pouvez contacter directement un commissaire de justice. Il pourra alors lancer les procédures de recouvrement forcé, comme une saisie sur le compte bancaire du débiteur.