Fiche de Paie à Remplir Gratuit : Modèle Excel à Télécharger

Gaston Cohen 14 min de lecture 11 mars 2026
Fiche de Paie à Remplir Gratuit : Modèle Excel à Télécharger

Besoin de créer une fiche de paie rapidement sans dépenser d’argent ? C’est une tâche courante pour beaucoup de petites entreprises.

Ce guide vous donne un modèle Excel gratuit à remplir et vous explique comment le faire sans erreur.

Notre modèle de fiche de paie gratuit à télécharger (Format Excel)

Avant de détailler les règles, voici l’essentiel. Nous avons préparé un modèle de fiche de paie simple sur Excel. Il contient les colonnes et les lignes de base pour vous faire gagner du temps.

Modèle de Fiche de Paie Simplifiée 2024

Un fichier Excel prêt à l’emploi pour créer votre première fiche de paie. Il vous suffit d’adapter les informations à votre entreprise et à votre salarié.

Télécharger le modèle Excel gratuit

Attention : Ce modèle est une base de travail. Vous devez l’adapter à la situation de votre entreprise et de votre salarié. Les taux de cotisations et les réglementations changent. Vérifiez toujours la conformité de votre fiche de paie.

Maintenant que vous avez le modèle, voyons comment le remplir correctement.

Comment remplir votre fiche de paie ? Les 8 étapes clés

Remplir une fiche de paie peut sembler compliqué. Mais en suivant une méthode précise, on évite la plupart des erreurs. Voici les 8 étapes à suivre dans l’ordre pour créer un bulletin de paie conforme.

1. Renseigner les informations sur l’employeur et le salarié

C’est la base de tout. Cette partie identifie clairement qui paie et qui est payé. Sans ces informations, la fiche de paie n’a aucune valeur légale.

Vous devez rassembler les données suivantes :

  • Pour l’employeur : Le nom de votre entreprise, son adresse, son numéro de SIRET et son code APE (ou NAF). Le code APE précise l’activité principale de l’entreprise.
  • Pour le salarié : Son nom complet, son adresse, son numéro de sécurité sociale, son poste (par exemple, « Vendeur » ou « Développeur Web »), et sa classification selon la convention collective.

Il faut aussi mentionner la convention collective applicable. C’est un texte qui définit les règles du travail spécifiques à un secteur d’activité (congés, salaires minimums, etc.).

2. Indiquer la rémunération brute

La rémunération brute est le salaire avant toute déduction (cotisations sociales, impôts). C’est le point de départ de tous les calculs sur la fiche de paie. Elle se compose de plusieurs éléments.

Les éléments principaux de la rémunération brute sont :

  • Le salaire de base : C’est le montant fixe convenu dans le contrat de travail pour le nombre d’heures prévues.
  • Les heures supplémentaires : Si le salarié a travaillé plus que la durée légale (généralement 35 heures), ces heures doivent être payées avec une majoration (souvent +25% ou +50%).
  • Les primes : Prime de fin d’année, prime sur objectif, prime d’ancienneté… Toutes les primes versées au salarié doivent figurer ici.
  • Les avantages en nature : Si l’entreprise fournit une voiture de fonction, un logement ou des repas, la valeur de ces avantages est ajoutée au salaire brut.

3. Calculer les cotisations sociales

C’est la partie la plus technique. Les cotisations sociales sont des prélèvements sur le salaire brut. Elles servent à financer la protection sociale : santé, retraite, chômage, etc. Il en existe deux types.

  • Les cotisations salariales : Elles sont payées par le salarié. Elles sont déduites de son salaire brut.
  • Les cotisations patronales : Elles sont payées par l’employeur. Elles s’ajoutent au salaire brut pour calculer le « super-brut » (le coût total du salarié pour l’entreprise).

Le bulletin de paie simplifié regroupe ces cotisations par « familles » : santé, retraite, famille, chômage. Chaque cotisation est calculée en appliquant un taux à une base (souvent le salaire brut). C’est là que le risque d’erreur est le plus grand si vous faites le calcul à la main.

4. Déterminer le net à payer avant impôt

Une fois les cotisations salariales déduites du salaire brut, on obtient le « net à payer avant impôt sur le revenu ». C’est une étape intermédiaire importante.

Le calcul est simple : Salaire brut – Total des cotisations salariales = Net à payer avant impôt.

Ce montant représente ce que le salarié aurait touché avant l’instauration du prélèvement à la source. Il sert de base au calcul de l’impôt.

5. Calculer le prélèvement à la source

L’impôt sur le revenu est maintenant prélevé directement sur le salaire. L’employeur a l’obligation de le calculer et de le reverser à l’administration fiscale.

Pour faire ce calcul, vous avez besoin de deux choses :

  • La base de calcul : C’est le « salaire net imposable ». Il est très proche du net à payer avant impôt, mais certains éléments peuvent varier (part des tickets restaurant non imposable, etc.).
  • Le taux de prélèvement : Ce taux est fourni par l’administration fiscale (DGFIP) chaque mois via la DSN. Vous n’avez pas à le deviner, vous devez appliquer celui qui vous est transmis.

Le montant de l’impôt est donc : Salaire net imposable x Taux de prélèvement.

6. Indiquer les différents cumuls

La loi impose de faire figurer certains montants cumulés sur la fiche de paie. Ces cumuls portent généralement sur l’année civile (de janvier à décembre).

Les cumuls obligatoires sont :

  • Le cumul du montant net imposable depuis le début de l’année.
  • Le cumul de l’impôt sur le revenu prélevé à la source depuis le début de l’année.
  • Le cumul des heures supplémentaires ou complémentaires défiscalisées.

Ces informations aident le salarié à suivre sa situation fiscale tout au long de l’année.

7. Afficher le montant net social

C’est une mention devenue obligatoire récemment. Le « montant net social » est le revenu que le salarié doit déclarer aux organismes sociaux (comme la CAF) pour demander certaines aides (prime d’activité, RSA).

Son calcul est spécifique. Il correspond à la rémunération brute, après déduction de l’ensemble des cotisations sociales obligatoires. L’objectif est de simplifier les démarches des salariés en leur donnant directement le bon montant à déclarer.

8. Indiquer le net à payer au salarié

C’est la dernière ligne, celle que tous les salariés regardent en premier. C’est la somme d’argent qui sera effectivement virée sur leur compte en banque.

Le calcul final est : Net à payer avant impôt – Montant du prélèvement à la source.

Il faut aussi indiquer clairement la date de paiement du salaire. Cette mention est obligatoire. Voilà, votre fiche de paie est maintenant complète.

Quelles sont les mentions obligatoires sur une fiche de paie ?

Pour qu’une fiche de paie soit légale, elle doit contenir une liste précise d’informations. Oublier une de ces mentions peut entraîner des sanctions pour l’employeur. Voici la liste complète de ce que vous devez absolument faire figurer sur votre bulletin.

Cette liste est basée sur le modèle de bulletin de paie clarifié, en vigueur pour la plupart des entreprises.

  • Informations sur l’employeur

    Il s’agit de la carte d’identité de l’entreprise. Vous devez indiquer le nom, l’adresse du siège social, le numéro de SIRET (identifiant unique de l’établissement) et le code APE/NAF qui correspond à l’activité principale exercée.

  • Informations sur le salarié

    Le bulletin doit identifier le salarié sans ambiguïté. Indiquez son nom complet, son emploi (l’intitulé de son poste), sa position dans la classification de la convention collective (niveau, échelon, coefficient).

  • Convention collective applicable

    Mentionnez le nom de la convention collective qui régit la relation de travail. Si aucune ne s’applique, il faut l’indiquer clairement.

  • Période et durée de travail

    Précisez la période de paie (par exemple, « du 1er au 31 mai 2024 »). Détaillez le nombre d’heures de travail effectuées, en distinguant les heures au taux normal et les heures supplémentaires avec leur taux de majoration.

  • Rémunération brute du salarié

    C’est le montant total du salaire avant toute déduction. Il doit apparaître clairement en haut de la section « salaire ».

  • Détail des cotisations et contributions sociales

    C’est le cœur de la fiche de paie. Elles doivent être regroupées par risque :

    • Santé : Sécurité sociale, complémentaire santé.
    • Accidents du travail et maladies professionnelles.
    • Retraite : Sécurité sociale plafonnée/déplafonnée, retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO).
    • Famille.
    • Assurance chômage.

    Pour chaque ligne, il faut indiquer la base de calcul, le taux (salarial et patronal) et le montant.

  • Primes et avantages en nature

    Toute prime (13ème mois, vacances, objectif) et tout avantage en nature (nourriture, logement, véhicule) doivent être listés et valorisés.

  • Frais professionnels

    Le remboursement des frais engagés par le salarié (comme les frais de transport) doit figurer sur une ligne distincte.

  • Indemnités de congés payés

    Si des congés ont été pris, l’indemnité correspondante doit être indiquée, avec les dates des congés.

  • Net à payer avant impôt sur le revenu

    Ce montant est la différence entre la rémunération brute et le total des cotisations salariales.

  • Prélèvement à la source (PAS)

    La section dédiée à l’impôt doit montrer la base de calcul, le taux appliqué et le montant de l’impôt prélevé.

  • Montant net social

    C’est le montant à déclarer pour les prestations sociales. Il doit être affiché sur une ligne dédiée et bien visible.

  • Net à payer au salarié

    La somme finale qui sera versée au salarié.

  • Date de paiement

    La date exacte à laquelle le salaire est versé.

  • Cumuls obligatoires

    Comme vu précédemment, les cumuls annuels du net imposable, de l’impôt prélevé et des heures défiscalisées sont requis.

  • Total versé par l’employeur

    Ce montant représente le coût total du salarié pour l’entreprise. Il inclut le salaire brut et les cotisations patronales.

  • Mention sur la conservation du document

    Une phrase doit indiquer que le salarié doit conserver sa fiche de paie sans limitation de durée.

Créer ses fiches de paie : Comparatif des solutions

Utiliser un modèle Excel est une option, mais ce n’est pas la seule. Selon la taille de votre entreprise et le temps que vous pouvez y consacrer, d’autres solutions existent. Voici un comparatif pour vous aider à choisir.

Le modèle Excel ou Word : la solution gratuite mais risquée

C’est souvent la première idée qui vient à l’esprit pour une TPE ou un indépendant qui embauche son premier salarié. L’attrait principal est évident : c’est gratuit.

Avantages :

  • Coût : C’est 100% gratuit, à part le coût de la suite bureautique que la plupart des entreprises possèdent déjà.
  • Simplicité (apparente) : Pour un cas simple (un salarié au SMIC sans heures supplémentaires), un modèle peut suffire pour démarrer.

Inconvénients :

  • Risque d’erreurs très élevé : Une erreur de saisie dans une formule, un mauvais taux de cotisation, et toute la fiche de paie est fausse. Les conséquences peuvent être un contrôle de l’URSSAF.
  • Pas de mise à jour automatique : Les taux de cotisations, les plafonds de la sécurité sociale et les lois changent au moins une fois par an. Vous devez faire cette veille légale vous-même et mettre à jour votre fichier manuellement.
  • Chronophage : Chaque mois, vous devez remplir toutes les données à la main. Pour plusieurs salariés, cela devient vite un travail à plein temps.
  • Pas de DSN : Créer la fiche de paie n’est que la moitié du travail. Vous devez ensuite déclarer ces informations via la Déclaration Sociale Nominative (DSN). Un fichier Excel ne peut pas générer ce fichier.

Le logiciel de paie en ligne : la solution recommandée pour les TPE/PME

Pour les entreprises de moins de 25 salariés, le logiciel de paie en ligne est devenu la norme. Il automatise la majorité des tâches et garantit la conformité légale.

Avantages :

  • Conformité garantie : Le logiciel est mis à jour automatiquement par l’éditeur dès qu’une loi ou un taux change. Vous êtes sûr de produire des fiches de paie justes.
  • Automatisation des calculs : Plus de risque d’erreur de calcul. Vous entrez les variables du mois (heures, primes, absences) et le logiciel calcule tout.
  • DSN intégrée : En fin de mois, vous générez et envoyez votre DSN en quelques clics. C’est un gain de temps énorme.
  • Archivage sécurisé : Les fiches de paie et les documents sont conservés pendant la durée légale (50 ans pour les bulletins).
  • Documents RH : Beaucoup de logiciels (comme QuickPaie ou SideCare) incluent des modèles de contrats de travail, de certificats, etc.

Inconvénients :

  • Coût : C’est une solution payante, souvent sous forme d’abonnement mensuel (compter entre 10€ et 30€ par mois par salarié).

L’externalisation via un expert-comptable

Déléguer la paie à un expert-comptable est une solution confortable. Vous envoyez les informations variables chaque mois et le cabinet s’occupe de tout.

Avantages :

  • Tranquillité d’esprit : Vous déléguez entièrement la responsabilité de la paie à un professionnel.
  • Conseil : Vous bénéficiez de l’expertise de votre comptable sur les questions sociales et RH.

Inconvénients :

  • Coût élevé : C’est généralement la solution la plus chère. Le tarif se situe souvent entre 25€ et 40€ par bulletin de paie, avec parfois des frais cachés pour la DSN ou les documents de fin de contrat.
  • Dépendance : Vous dépendez des horaires et de la réactivité de votre prestataire.

Le TESE : le service gratuit de l’URSSAF

Le Titre Emploi Service Entreprise (TESE) est un service gratuit proposé par l’URSSAF. Il est conçu pour simplifier les formalités sociales pour les très petites entreprises.

Avantages :

  • Gratuit : Le service est entièrement pris en charge par l’URSSAF.
  • Officiel : Vous utilisez un outil de l’administration, ce qui garantit la conformité des déclarations.

Inconvénients :

  • Limité : Le TESE ne gère pas toutes les situations complexes ni toutes les conventions collectives. Il est surtout adapté aux cas les plus simples.
  • Moins de souplesse : L’interface est moins intuitive que celle d’un logiciel privé et les options de personnalisation sont limitées.

Questions fréquentes sur la fiche de paie à remplir

Même avec un modèle, des questions pratiques se posent souvent. Voici les réponses aux interrogations les plus courantes.

Qui peut faire une fiche de paie ?

Légalement, plusieurs personnes peuvent établir une fiche de paie. L’employeur peut la faire lui-même, en interne. C’est courant dans les TPE. Il peut aussi déléguer cette tâche à un prestataire externe, comme un expert-comptable. Enfin, il peut utiliser un logiciel de paie en ligne qui l’assiste dans la création du document. Le choix dépend du niveau de compétence, du temps disponible et du budget.

Est-il légal de faire ses fiches de paie soi-même ?

Oui, c’est parfaitement légal. Aucune loi n’oblige une entreprise à externaliser sa paie. Cependant, l’employeur reste le seul responsable de la conformité des bulletins de salaire qu’il émet. En cas d’erreur, même involontaire, c’est lui qui s’expose à un redressement de l’URSSAF ou à un litige avec le salarié. Faire sa paie soi-même demande donc une grande rigueur.

Qu’est-ce que le montant net social ?

Le montant net social est une information qui doit figurer sur toutes les fiches de paie depuis 2023. Il correspond au revenu net après déduction de toutes les cotisations sociales obligatoires. Son but est simple : fournir aux salariés le montant exact qu’ils doivent déclarer à la CAF ou à la MSA pour le calcul de leurs droits à certaines prestations, comme la prime d’activité ou le RSA. Cela évite les erreurs de déclaration.

Qu’est-ce qui a changé sur la fiche de paie depuis 2018 ?

Depuis 2018, la fiche de paie a été simplifiée pour être plus lisible. Le nombre de lignes a été réduit. Les cotisations sont maintenant regroupées par risque (santé, retraite, chômage…), ce qui permet de mieux comprendre à quoi elles servent. Les intitulés ont aussi été clarifiés. L’objectif était de rendre ce document, souvent jugé opaque, plus compréhensible pour le salarié.

Vous avez maintenant toutes les clés pour créer une fiche de paie. Le modèle Excel est un bon point de départ pour vous familiariser avec l’exercice.

Gardez en tête que la gestion de la paie est une responsabilité importante. Pour éviter les erreurs et gagner du temps, l’utilisation d’un logiciel de paie en ligne est souvent la meilleure solution pour une petite entreprise. Il assure la conformité de vos fiches et vous libère l’esprit pour vous concentrer sur votre activité.