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Travailler le 1er Mai : Êtes-vous Obligé d’Accepter ?

Votre employeur vous demande de travailler le 1er mai ? C’est le seul jour férié où vous êtes en droit de refuser, sauf dans des cas très précis.

Ce guide vous explique quand vous êtes obligé d’accepter et combien vous serez payé.

Le principe : le 1er mai est-il un jour obligatoirement chômé ?

Oui, le 1er mai est le seul jour férié légal obligatoirement chômé pour tous les salariés. C’est ce que dit le Code du travail. On l’appelle la Fête du Travail.

Le fait de ne pas travailler ce jour-là ne doit entraîner aucune réduction de salaire. Votre paie doit être la même que si vous aviez travaillé.

Cette règle s’applique à tous les salariés du secteur privé, peu importe leur contrat (CDI, CDD, intérim) et sans condition d’ancienneté dans l’entreprise. C’est une grande différence avec les autres jours fériés.

Les exceptions : quels secteurs peuvent vous demander de travailler le 1er mai ?

Certains établissements ne peuvent pas interrompre leur activité. La loi leur donne donc le droit de faire travailler leurs salariés le 1er mai. Mais cette dérogation est très encadrée.

Les secteurs dont l’activité ne peut être interrompue

Il s’agit des établissements et services dont le fonctionnement est jugé essentiel. La liste inclut principalement :

  • Les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, maisons de retraite)
  • La police, la gendarmerie et les sapeurs-pompiers
  • Les organismes de transport public (bus, métros, trains)
  • Les hôtels, cafés et restaurants
  • Les entreprises de gardiennage et de sécurité
  • Les services de dépannage urgents

L’employeur doit pouvoir prouver que la nature de son activité l’empêche d’interrompre le travail ce jour-là.

Le projet de loi pour 2026 : de nouvelles dérogations à venir ?

Une proposition de loi est en discussion pour élargir la liste des secteurs autorisés à travailler le 1er mai. Si elle est adoptée, d’autres commerces pourraient ouvrir. Voici les activités concernées :

  • Les commerces de bouche de proximité (boulangeries, boucheries, pâtisseries)
  • Les fleuristes et les jardineries
  • Les cinémas et les théâtres

Il est important de noter que les grandes surfaces sont explicitement exclues de ce projet de loi et devraient donc rester fermées.

La rémunération : quelle compensation si vous travaillez le 1er mai ?

Si vous travaillez le 1er mai, votre rémunération est obligatoirement doublée. C’est une règle d’ordre public, ce qui veut dire qu’aucune convention collective ou contrat de travail ne peut prévoir moins.

Concrètement, vous recevez votre salaire habituel pour cette journée, plus une indemnité égale au montant de ce salaire. C’est comme être payé deux fois pour la même journée.

Attention : un jour de repos compensateur ne peut pas remplacer ce double paiement. Si votre convention collective prévoit un repos en plus de la majoration de salaire, le salarié a droit aux deux avantages.

Si le 1er mai tombe un dimanche et que votre entreprise majore le travail dominical, cette majoration est due. Elle ne se cumule pas une seconde fois avec le doublement spécifique au 1er mai. De même, un travail de nuit peut donner droit à une compensation supplémentaire si votre convention le prévoit.

Le droit de refus : pouvez-vous dire non à votre employeur ?

Oui, dans la plupart des cas, vous avez le droit de refuser de travailler le 1er mai. Le travail ce jour-là doit se faire sur la base du volontariat. L’exception concerne les personnes travaillant dans les secteurs autorisés dont le contrat de travail mentionne spécifiquement le travail des jours fériés.

Le projet de loi pour 2026 vise à renforcer ce principe. Il prévoit qu’un accord écrit du salarié sera nécessaire, basé sur un « consentement libre et éclairé ».

Le point le plus important est celui-ci : votre employeur ne peut pas vous sanctionner, lancer une procédure disciplinaire ou vous licencier pour un refus de travailler le 1er mai. Ce serait considéré comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Comment le 1er mai se distingue-t-il des autres jours fériés ?

Le statut du 1er mai est unique en droit du travail français. Les règles pour les autres jours fériés sont bien plus souples pour l’employeur.

La liste des 11 jours fériés légaux en France

En plus du 1er mai, il y a 10 autres jours fériés reconnus par la loi :

  • 1er janvier (Nouvel An)
  • Lundi de Pâques
  • 8 mai (Victoire 1945)
  • Jeudi de l’Ascension
  • Lundi de Pentecôte
  • 14 juillet (Fête nationale)
  • 15 août (Assomption)
  • 1er novembre (Toussaint)
  • 11 novembre (Armistice 1918)
  • 25 décembre (Noël)

Certaines régions ont des jours fériés supplémentaires, comme le Vendredi Saint et le 26 décembre en Alsace-Moselle, ou le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Outre-mer.

Rémunération et travail : des règles différentes

Pour ces autres jours fériés, les règles sont différentes. Si le jour est chômé, le maintien de salaire n’est garanti qu’après 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Cette condition ne s’applique pas aux travailleurs à domicile, aux salariés intermittents ou aux salariés temporaires.

Si vous travaillez un autre jour férié, la loi n’impose aucune majoration de salaire. Vous touchez votre salaire normal, sauf si votre convention collective, un accord d’entreprise ou votre contrat de travail prévoit une compensation (majoration, jour de repos, etc.).

La Journée de Solidarité ne peut jamais être le 1er mai

La loi est claire sur ce point : la Journée de Solidarité ne peut pas être fixée le 1er mai. Elle est généralement fixée le lundi de Pentecôte, mais l’employeur peut choisir un autre jour férié, à l’exception du 1er mai.

Pour aller plus loin : origine du 1er mai et tradition du muguet

La Fête du Travail tire son origine des luttes ouvrières de la fin du XIXe siècle aux États-Unis. En 1886, des syndicats appellent à une grève générale pour obtenir la journée de 8 heures. En France, le 1er mai devient un jour férié chômé en 1947.

La tradition d’offrir du muguet ce jour-là remonte au roi Charles IX en 1560. Aujourd’hui, la vente de muguet par des particuliers est tolérée par les autorités fiscales le 1er mai, à condition de respecter certaines règles (brins cueillis en forêt, pas d’installation sur la voie publique).

Le 1er mai est donc le seul jour obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. Si vous travaillez, c’est uniquement dans certains secteurs et sur la base du volontariat. Et dans ce cas, votre rémunération doit être doublée, sans aucune exception.

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